Jean Giono et le Trièves
Le Pays et le Cloître
Giono aimait se ressourcer dans le Trièves, il marchait dans ces montagnes, s'asseyait à ces tables, buvait à ces fontaines, écrivait dans cette lumière qui n'a pas changé depuis, et il appelait cela un cloître, il disait en être fait, et il y revenait chaque fois qu'il le pouvait...
Quatre-vingts ans après lui, je marche sur les mêmes chemins, je regarde les mêmes murailles, la même neige qui efface tout, les mêmes étoiles en touffes avec leurs racines d'or.
Lui avait les mots, magiques et tellement chargés d'images et d'émotion, je n'ai que des images à proposer en parallèle , mais c'est le même pays qui nous les a données... Puissent ces modestes pages vous donner, comme à moi, un besoin hypnotique de lire, ou relire, ses romans originaux...
50 ans après mon arrivée dans le trièves, après des milliers de photos, j' espère parvenir à "rendre à Giono ce qui appartient à Giono" ...
Première partie
Le Mont Aiguille au soleil levant, la lune qui de couche, et le grand Veymont par dessus la colline... Spectacle rare d'un petit matin dans le Trèves.
Quand je parle de Giono, je n'ai plus de limite... Aussi, j' ai rangé en cinq chapitres une "petite" partie de ces phrases qui ont nourri mon imagination depuis mon adolescence , vous retrouverez les quatre autres parties en lien en bas de cette première page.
Le pays
Village de Lalley sur fond de falaises du Vercors, à l'ouest de la vallée du Trièves.
“J'aime particulièrement le Trièves. Cette plaine tourmentée qui s'étend en triangle sous l'Obiou et le Grand Ferrand. Je suis à pied d'œuvre pour marcher dans la montagne. Et puis j'aime la vie avec ces paysans âpres et doux.”
Le cloître des montagnes
Le village de Prébois, surplombé par les falaises du Grand Ferrand comme crépies de neige...
“J'allais à Prébois. Le car me laissa à la croisée des chemins. Il me restait trois kilomètres à faire à pied, mais j'étais enfin revenu dans les montagnes. […] Je commençais à descendre vers le village. J'étais enfin dans la maison désirée des montagnes. J'étais enfin dans le cloître des montagnes, seul dans ces grands murs de mille mètres d'à-pic, dans les piliers des forêts. Maison sévère, milliard de fois plus grande que moi, juste à la mesure de mes espoirs, me contenant avec ma paix, ayant une paix faite d'ombres, d'échos, de bruit de fontaines. Richesse austère de tous les cloîtres. […] C'était dans une sombre cellule, entre le haut pilier du Jocond tout verduré de prairies verticales et la paroi du Ferrand.”
La Chartreuse matérielle
panoramique, de l'Obiou eu Grand Ferrand, barrière impressionnante à l'est de la vallée du Haut Trièves
« Ainsi, cette construction-là, avec ses quatre énormes montagnes où s'appuie le ciel ; cette haute plaine du Trièves cahotante, effondrée, retroussée en houle de terre ; cette haute plaine du Trièves toute écumante d'orges, d'avoines, d'éboulis, de sapinières, de saulaies, de villages d'or, de glaisières et de vergers ; son tour d'horizon où les vents sonnent sur les parois glacées des hauts massifs solitaires ; ses escaliers éperdus qui montent dans le ciel accompagnés d'éclairs et d'arceaux de lumière jusqu'à de vertigineux paliers, ce constant appel de lignes, de sons, de couleurs, de parfums, vers l'héroïsme et l'ascension, cette construction : c'est le cloître, c'est la chartreuse matérielle où je viens chercher la paix. […] Elle m'a toujours pris raboteux et plein de nœuds et de colères et elle m'a toujours après laissé glisser de nouveau dans le monde lisse et vif comme une navette de tisserand. J'arrive, mes montagnes ! Fermez la porte derrière moi !
La fenêtre de Lalley
Le Bonnet de Calvin, alias Châtel, au dessus du village de Mens un soir d'automne... ou vue grossie depuis Clelles !
“Je vois une belle arche de pierre dorée, des toits couverts de petites diatomées des montagnes et au fond de l'horizon la montagne de Clelles qu'on nomme le bonnet de Calvin. Les toits des villages sont admirables de pente et de couleur. Sous ma petite fenêtre, une fontaine. Au moment de m'installer j'ai eu un peu peur de la fontaine. Maintenant, je sais qu'elle va m'aider, en tout cas, faire avec moi une amitié hautaine et distante, pas désagréable.”
Le contact des montagnes
Prairie fleurie à l'entrée du village de Saint Jean d'hérans
“J'arrive de Lalley. Le contact des montagnes m'a réjoui le cœur. Je suis comme éclairci de l'air respiré. Edith Berger est là toute seule devant une prairie pleine de grillons. Tout est si bien, fleurs, herbes, et chants d'insectes…”
Les autres univers de Jean Giono
Hiver en Trièves
deuxième partie
Giono n'a connu le Trièves qu'en été. L'hiver de ses livres, il l'a imaginé, et c'est là qu'il en parle le mieux.
lumières du Trièves
Troisième partie
Le plus gros chapitre. Presque tout vient d'Un roi sans divertissement, que Giono a écrit à Lalley et situé à Saint-Maurice.
villages du Trièves
Quatrième partie
Les auberges, les jardins de Pré-Villars, les chemins où personne ne va. Et les phrases courtes, celles qu'il a lâchées dans un carnet sans y revenir.
Les vraies richesses
cinquième partie
Là Giono ne décrit plus. Il dit pourquoi tout ce qui précède compte, et contre quoi il faut le défendre. Trente-trois ans entre le premier texte et le dernier, et toujours le même souffle !















