Passerelle himalayenne de l'Ebron
j'y va t'y, j'y vas t'y pas ?
On m'avait prévenu : 180 mètres de long, 1,20 de large, 50 mètres de vide. Des chiffres qui ne servent à rien tant qu'on n'a pas posé le pied dessus — là, le tablier répond sous le poids et on comprend pourquoi certains font demi-tour. Ce qu'on ne dit jamais, c'est qu'on ne voit que le bout du lac. L'Ebron fait un coude juste avant, et les voiliers surgissent du virage sans prévenir. On s'arrête au milieu, on attend. Parfois c'est la Mira qui passe, et on la regarde filer cinquante mètres plus bas, avec ce vent frais du nord qui arrive toujours par la même échancrure. J'y suis retourné plusieurs fois. Pour vivre encore un moment intense, même quand on est habitué.
Les eaux sont vertes, très loin en dessous. On s'arrête au milieu sans savoir pourquoi.







































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